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Herriranz

Dagon ilaren amaian ogeita laugarrenian
Alaiki esnatzen dira Lekaroztar zintzoak
Jaunaren Beldu sendoa Bartoloma Donearen
omenez ospatutzeko herriko jai ederrak.

Goiko mendietatik baserria utzirik
laster hurbiltzen dira gizon emakumeak
mutilak ta neskatxak
lirain ta apainduak
arin jeitxitzen dira auzotar ederrenak.

Latsak parreiten dute Lezabe zubian
ta txoriak abesten
txoriak abes abesten
ja txori txoriak abes abesten
Lizardin oihanian.

Auza mendi gainetik euzkia agiri da
zeru urdinean urrezko su gar antzan.


HERRIRANZ

À la fin du mois d'août, le 24,
les honnêtes gens de Lekaroz se lèvent gaiement
pour célébrer, en l 'honneur de Saint Barthélémy, apôtre du Seigneur,
de belles fêtes du village.

Des hauteurs de la montagne, ayant laissé leur ferme, arrivent promptement
les hommes et les femmes, les garçons et les filles.
Sveltes et élégants, les plus beaux des hameaux descendent allègrement.

Ils arrivent au niveau du Latsa au pont de Lezabe
et les oiseaux chantent dans la forêt de frênes.

Derrière le sommet du mont Auza apparaît le soleil,
tel une flamme d'or dans le ciel bleu.

Commentaire :

Ce chant nous emmène en Navarre : Lekaroz est un petit village du Baztan proche de Elizondo et ses fêtes du 24 au 27 août sont connues ; Latsa est un affluent de la Bidassoa ; Auza, montagne de 1300 m d'altitude, sépare la vallée de la Nive et celle de la Bidassoa.

Traduction et commentaire : E.E.

Baldorba

Ezkil gabeko elizen eremu emankorra,
giza murzuriko zure ardientzat.

Oi Baldorba ! Oi Baldorba !
eguzki eta aize idor ;
mahats-ardo ibai, galburuarena.

Lur gorri, harri landu,
mail u eta zizelaren kantu.
Gitarrazko alakiketan
Armeniako kanun ahots urratuan.

Oi Baldorba ! Oi Baldorba !
esazu nor zen bidetik
baztertu zintuen madarikatua !

Zure irriño erromanikoa
erdi izoztu eta leloturik
utzi zuen madarikatuaren
izena nahi dut.

Oi Baldorba ! Oi Baldorba !
esazu nor zen bidetik
baztertu zintuen madarikatua !

Oi Baldorba ! Oi Baldorba !
zutaz oroit eta
zun nagozu.

Kantu bat laburra da eta
pentsa zuk, esaten ez dizudan hartaz.

Oi Baldorba ! Oi Baldorba !
esazu nor zen bidetik
baztertu zintuen madarikatua !

VALDORBA

Espace fertile d'églises sans cloches,
pour tes brebis au bêlement humain.

Oh ! Valdorba !
soleil et vent sec ;
flot de vin, épi de blé.

Terre rouge, pierre taillée,
chant du maillet et du burin,
accords de guitarre,
kânum d'Arménie à la voix déchirée.

Oh ! Valdorba !
dis-moi qui fut le maudit
qui t'écarta du chemin !

Je veux connaître le nom
du maudit qui a laissé
ton sourire
figé et presque glacé.

Oh ! Valdorba !
dis-moi qui fut le maudit
qui t'écarta du chemin !

Oh ! Valdorba !
je pense à toi et
je pense avec toi !

Une chanson, c'est court ;
réfléchis, à ce que je ne te dis pas.

Oh ! Valdorba !
dis-moi qui fut le maudit
qui t'écarta du chemin !

Traduction : E.E.

Commentaire :

Baldorba : une vallée de Navarre, à l'est de l'axe Pampelune - Tafalla, du côté de la Sierra de Izco et d'Alaitz. Baldorba, terre rude, peu à peu abandonnée de ses habitants, paysage désolé, maisons en ruines, "églises sans cloches". Baldorba devenue, de ce fait, un paradis écologique avec ses aigles et sa faune. Des hommes sont venus... Ils ont fait fleurir les éoliennes, à prix d'or. La vallée s'est "reconstruite" et ses maisons ont été restaurées. L 'homme est revenu, les aigles et la faune ont disparu. Baldorba, une malédiction pèserait-elle sur toi ? (source : journal "Gara")

Umezurtza

Ibai ondoko lili txuri baten antzera,
bakar bakarrik umezurtza bizitzen da.

Liliak dadu baña oin bat pozkarri :
ibai onduan ura ain du marmari.

Baña zurtzari ez dakio naieza baizik
zurtza gaxoa dago beti bakarrik.

Urrundik badirudi iñoiz aiten abotsa,
baña urrungo otsak dio : umezurtza.


L’ORPHELIN

À la manière d’une fleur blanche au bord de la rivière,
l’orphelin vit dans la solitude.

Cependant, la fleur a une source de joie :
le murmure de l’eau de la rivière proche.

Quant à l’orphelin, il ne lui reste que l’ennui,
le pauvre orphelin demeure toujours seul.

Si parfois la voix lointaine des ancêtres semble lui parvenir,
la voix lointaine lui dit : orphelin.

Commentaire :

“Umezurtza” a deux sens : 1) orphelin – 2) solitaire. Dans cette chanson, c’est le premier sens qui l’emporte tout en portant en lui le second sens également. Le texte de cette chanson se passe de commentaire. Les mots d’une grande sobriété sont suffisamment explicites et émouvants.

Traduction et commentaire : E.E.

Kantuz

Kantuz sortu naiz eta kantuz nahi bizi,
Kantuz igortzen ditut nik penak ihesi ;
Kantuz izan dudano zerbait irabazi,
Kantuz gostura ditut guziak iretsi :
Kantuz ez duta beraz hiltzea merezi ?

Kantuz iragan ditut gau eta egunak ;
Kantuz ekarri ditut griñak eta lanak ;
Kantuz biltzen nituen aldeko lagunak
Kantuz eman dauzkate, obra gabe, famak :
Kantuz hartuko nauia zeruko Jaun onak ?


EN CHANTANT

C’est en chantant que je suis né, c’est en chantant que je veux vivre,
C’est en chantant que je chasse les peines ;
C’est en chantant que j’ai obtenu quelque chose,
C’est en chantant que j’ai tout enduré :
Alors, je ne mérite pas de mourir en chantant ?

C’est en chantant que j’ai passé les jours et les nuits ;
C’est en chantant que j’ai mené chagrins et tâches ;
C’est en chantant que je rassemblais mes amis ;
C’est en chantant que, sans raison, on a fait mon renom :
Dans sa bonté, le Seigneur m’accueillera-t-il au ciel en chantant ?


Commentaire :

Ce chant harmonisé pour 4 voix mixtes par le chanoine Alexandre LESBORDES est de Jose MENDIAGUE.

Jose MENDIAGUE : Poète né aux Aldudes (Basse-Navarre) en 1845, mort à Montevideo en 1937. À l’âge de 3 ans, il quitte les Aldudes, sa famille allant s’installer à Hasparren. (Ce nom est encore vivant et connu à Hasparren). À 18 ans, il va à Montevideo. C’est là qu’il écrit ses poèmes et ses chansons qu’il fait paraître dans la revue Euskal Herria de là-bas. Une revue en basque en Uruguay à cette époque-là n’a rien de surprenant si l’on se souvient de l’émigration massive de Basques vers l’Amérique du Sud. En 1900, il publie un recueil de chants intitulé “Zazpiak bat”. En 1992, Piarres Charritton a rassemblé son œuvre parue sous le titre : Jose Mendiague, sa vie et ses chants.

Ce chant se compose en fait de 5 strophes de 5 vers et chaque vers (sauf l’avant dernier) commence par “Kantuz” (en chantant) ; c’est dire l’étendue et l’importance de l’acte de chanter. Les deux premières strophes évoquent les moments importants de la vie de chaque être : la naissance “en chantant”, les aléas de la vie quotidienne “en chantant”, la mort “en chantant” et, pourquoi pas, après la mort aussi. En effet, la 5è strophe dit ceci :

“Qu’on me fasse, quand je mourrai, des obsèques en chantant,
Que mes amis me portent sur leurs épaules en chantant ;
Qu’ils me mettent en terre en chantant ;
Je leur laisserai en ce monde beaucoup de chansons,
Pour qu’ils fassent vivre mon souvenir en chantant.”

Traduction et commentaire : E.E.

Zeruan eder ilargia

Zeruan eder ilargia izarren aitzindari ;
Aren ondoan artizarra goizean da nabari.
Aiek zerutik beira daude nere sorterriari ;
Ni berriz basabazter ontan nigarretan naiz ari.

Oi herri maitea, zu zaitut orai nere gogoan,
Zure izen xoragarria maiz dadukat agoan ;
Gauez ere zutaz ari naiz beti amets gozoan ;
Jaunak berriz jarriko al nau laster zure altzoan !


LA LUNE EST BELLE DANS LE CIEL

Elle est belle la lune précédant les étoiles dans le ciel ;
Près d’elle Vénus est l’étoile du matin.
De là-haut, elles regardent mon village natal ;
Et moi, dans ce lieu isolé, je pleure.

Ô village aimé, c’est à toi que je pense en ce moment,
Ton nom merveilleux, je le prononce souvent ;
La nuit, tu habites toujours mes beaux rêves ;
J’espère que Dieu me ramènera bientôt en ton sein !

Commentaire :

Sans connaître son auteur, ni la date, il est difficile de situer ce texte dans le temps et dans l’espace. Néanmoins, certains mots sont suffisamment évocateurs pour nous laisser imaginer que ce sont sans doute des vers que pouvaient chanter quelque berger parti loin de son pays natal et vivant dans un lieu isolé, peut-être inhospitalier. Le paysage céleste qu’il contemple lui est, en revanche, familier, réconfortant ; il est le trait d’union qui le relie à son village natal qu’il espère retrouver bientôt. Ces vers sont nostalgiques mais pas tristes. Ils expriment l’amour du pays natal, des racines que l’on ressent avec plus de force quand on en est éloigné.

Traduction et commentaire : E.E.

Goiko mendian

Goiko mendian edurra dago
Errekaldian izotza.
Neu zeugandik azkenago
Ta pozik daukot biotza.


SUR LA PLUS HAUTE MONTAGNE

Sur la plus haute montagne il y a de la neige
Dans les contrebas de la gelée blanche.
Moi je suis libéré(e) de toi
Et mon coeur est dans la joie.

Traduction : E.E.